Comment vérifier la qualité d’un plant truffier ?

Le principal critère pour réussir à 80 % les cultures de truffe est la qualité du plant truffier utilisé. Vous pouvez atteindre un tel taux de réussite en apprenant à reconnaître un plant truffier de bonne qualité. Vous devrez également connaître d’autres paramètres pour un rendu optimal de votre culture.

Les caractéristiques d’un plant truffier de bonne qualité

Un plant truffier est un arbre dont les racines sont associées à la truffe. Cette association est une mycorhization. Avec ce procédé, les racines du plant fournissent aux mycorhizes les sucres dont ils ont besoin pour se développer. Les mycorhizes, qui donneront plus tard les truffes, aident la plante à mieux absorber les minéraux du sol.

La mycorhization se fait naturellement dans la nature, mais lorsqu’elle implique la participation humaine, il s’agit d’une mycorhization assistée. Dans le cas d’espèce, vous pouvez choisir le type de la plante hôte : chêne, pin noir, tilleul, bouleau ou noisetier.

La mycorhization optimale du plant truffier est le souhait de tous les trufficulteurs. De ce fait, plusieurs entreprises multiplient les contrôles d’évaluation des plants. Par exemple, les plants truffiers Robin subissent au minimum 10 contrôles avant la mise en commercialisation. La certification de l’INRA est un gage de qualité pour le succès de la mycorhization.

Pour accroître les chances de réussite de votre truffière, vous devez choisir non pas un, mais plusieurs plants truffiers de bonne qualité. De plus, privilégiez un terrain naturellement truffier. En effet, si le sol est déjà habitué à produire des truffes, nul doute que votre culture portera ses fruits.

Dans le cas où il s’agit d’un sol vierge, vous devez faire un travail d’observation. La présence de ronces, d’églantine, de lavande, de cornouilles, de serpolet ou d’érable de Montpellier sur le terrain est un bon présage. Vous pouvez également verser du vinaigre blanc sur le sol. Si celui-ci se met à mousser, votre terrain est propice pour une culture de truffe.

La plantation des plants truffiers

Même si vous voulez choisir un bon plant truffier INRA, il faut également maîtriser les caractéristiques du sol et la géographie du terrain, afin de réussir l’ensemencement. Pour la trufficulture, vous devez privilégier les terrains avec une pente douce et plate. Le sol doit être non caillouteux, contenir du calcaire et de l’argile (à un taux raisonnable) et être alcalin (un pH supérieur à 7).

truffes

Les différentes sortes de plants truffiers

Le sol doit être préparé sur une profondeur de 30 à 40 cm. Vous devez également tenir compte d’une distance raisonnable entre chaque plant truffier mycorhizé. Servez-vous de la taille que peut atteindre l’arbre une fois adulte comme repère. Pour un noisetier, comptez environ 6 mètres de séparation.

Le noisetier

Le noisetier à l’avantage d’être un arbuste à croissance rapide. Il s’épanouit dans les sols enneigés et profonds (il meurt sur un terrain sec). Lorsqu’il est associé à une truffe, le noisetier assure une production continue sur 5 ans. Vous pouvez le privilégier pour la production de la truffe noire et de la truffe de Bourgogne.

L’inconvénient majeur du noisetier est l’attraction qu’il exerce sur les rongeurs qui viennent se nourrir des truffes. De plus, avec ses racines qui se développent en surface, certains champignons indésirables peuvent les coloniser. Cette situation met parfois la mycorhization en péril.

Le chêne pubescent

Faire le choix du chêne pubescent, c’est s’engager pour un investissement à long terme. Cet arbre peut vivre très longtemps. Avec cette plante, vous pouvez envisager une culture dans plusieurs régions. Il vous faudra cependant faire attention à l’oïdium. Assurez-vous que le terrain de culture est bien drainé.

La phase de production du chêne pubescent tarde un peu à venir. Vous devriez compter environ entre 8 et 10 ans pour récolter vos truffes.

Le chêne vert

En matière de culture de truffes, le chêne vert est une référence. Cette plante est réputée pour sa grande résistance à la sécheresse, aux parasites et aux champignons. Elle est également facile à entretenir. La propriété urticante de ses feuilles dissuade la plupart des animaux, notamment les sangliers, de venir fouiner.

Le chêne vert est très sensible au froid et ne s’épanouit que sur un sol bien drainé, voire caillouteux. Elle commence à produire des truffes au bout de 4 ou 5 ans de culture.

Le choix de la truffe

Le climat est un facteur déterminant pour le choix de la truffe à mettre en culture.

La truffe noire du Périgord

La Truffe noire est l’une des variétés de truffes les plus recherchées. Sa saveur inégalée et son prix font d’elle un joyau de la gastronomie française. Son nom scientifique est Tuber Melanosporum. Elle réalise le plus souvent sa symbiose avec des plants de chênes et des noisetiers.

La Tuber Melanosporum se cultive dans le sud de la Loire. Elle n’apprécie guère les sols enneigés. Le sol de culture doit être aéré, avoir un pH compris entre 7,5 à 8,5 et une teneur en argile de 40% au plus. Dans le cas où le taux d’argile du sol serait en dessus des 40%, il faudrait privilégier un sol caillouteux. L’équilibre de la teneur en minéraux et en matière organique du sol doit être préservé. Veillez à ce que le taux de calcaire n’excède pas 8%.

La truffe de Bourgogne

La truffe de bourgogne est la variété de truffes comestibles la plus répandue sur le territoire européen. Son nom scientifique est Tuber Uncinatum et elle se cultive dans le nord de la Loire. De nombreuses plantes peuvent vivre en symbiose avec la Tuber Uncinatum. Les plus en vue sont les chênes, les noisetiers, le charme et le pin noir d’Autriche.

Cette truffe s’épanouit dans un sol frais et humide avec un pH de 6,5 à 8. La teneur en argile du sol peut atteindre les 60% sans porter atteinte à la culture. Cependant, il est primordial que la teneur en matière organique soit équilibrée.

Truffe d’été

La truffe d’été ou encore la truffe de la Saint-Jean se récolte entre mai et août. Son nom scientifique est la Tuber Aestivum. Bien qu’elle s’associe facilement avec plusieurs variétés de plantes, on la met souvent en culture avec le chêne truffier.

Truffe blanche

La truffe blanche a la réputation d’être la plus chère des truffes. Son nom scientifique est la Tuber Magnatum. Vous la trouverez principalement en Italie. Cette truffe réalise sa symbiose avec plusieurs plantes, la plus populaire est le chêne pubescent.

En somme, la qualité d’un plant de truffier s’évalue par la capacité de ce dernier à réaliser une bonne mycorhization. Pour réussir votre culture de truffe, vous devez aussi faire vos choix en fonction des caractéristiques de la truffe, du climat, de la géographie et de la teneur en calcaire de votre sol.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.